Auteur: Théana
Titre: Retour au point de départ
Genre: One Shot, Inclassable
Personnages: Jack Malone, Autres..
Je restais la, assis sur cette chaise inconfortable de la gare routière, immobile. Je n'osais plus relever les yeux, croiser son regard réprobateur. Je ne le connaissais pas 10 minutes auparavant et maintenant je sentais tout le poids de son jugement.
Jack Malone, agent fédéral en charge des personnes disparues. Avec pour mission de me retrouver. Et il avait réussi et moi j'avais échoué.
J'avais décidé de partir loin, très loin de cette vie que je ne supportais plus, qui m'asphyxiait. J'y avais réfléchit plusieurs jours et c'était de loin la meilleure solution. Tout quitter et repartir de zéro. C'était cela ou mourir et j'étais trop lâche pour quitter la vie.
Alors, j'ai fait comme si je partais travailler et je me suis dirigé vers la gare routière. D'abord un bus puis un autre jusqu'à me retrouver dans cette ville, la où personne ne me connaissait, ne porterait de jugement sur moi.
Mais elle ne m'avait pas plu, le peu que j'avais vu sous cette grisaille me laissait à penser que ma place n'était pas là. Alors, j'ai repris un billet de bus et je l'ai attendu. Il partait à 15 heures et l'agent Malone est arrivé avant.
Lui et son équipe me cherchait depuis presque 35 heures. Depuis que ma femme avait donné l'alerte, inquiète de ne pas me voir rentrer à l'heure. Il ne pouvait pas m'obliger à retourner là bas, il me l'a dit de suite. Il voulait juste me trouver, dire à ma famille que j'étais en vie, que j'étais parti volontairement. Me faire assumer mes actes en quelque sorte.
Il m'a demandé pourquoi j'étais parti, mais j'ai secoué la tête sans répondre. Alors il a haussé les épaules et m'a jeté ce regard méprisant. Ce regard qui me fait sentir plus bas que terre, qui me faisait prendre petit à petit conscience de la portée de mon geste.
Alors, je lui ai dit pourquoi, dans une urgence vitale de me justifier. Lui dire que je ne supportais plus cette vie quotidienne qui m'étouffait. Que ce n'était pas la vie dont j'avais rêvé.
A 25 ans, j'ai rencontré Jane. J'étudiais en droit, je voulais devenir le plus grand avocat de New York, avoir une vie dorée. Et Jane est tombée enceinte. Fini les rêves, nous nous sommes mariés, j'ai abandonné mes études et je suis devenu professeur de droit.
De l'avis de tous, j'ai une vie agréable. Une femme gentille, deux enfants qui grandissent tranquillement, une jolie maison de banlieue et un chien. Mais je n'en peux plus. Cette vie n'est pas la mienne, je ne l'ai jamais voulue, je n'ai fait qu'être aspiré par le tourbillon des évènements sans jamais pouvoir en être maître.
Et ce boulot..... Professeur de droit, cela sonne bien. Mais je ne suis qu'un simple sous-fifre qui essaye désespérément d'inculquer quelques notions à des élèves qui s'en moquent comme de leurs premières tétines. Jour après jour, je dois me rendre dans ce lieu qui me dégoute, au milieu de ces êtres qui me semblent être venus d'ailleurs.
Et ce mal être qui vous envahi petit à petit, cette impossibilité de se projeter dans l'avenir. Ou plutôt cette angoisse de cet avenir la.
Alors, le départ est la meilleure des choses, tout quitter pour enfin pouvoir vivre. Et c'est ce que j'ai fait. Et la encore, j'ai échoué. J'avais fini de parler et j'attendais son approbation ou au moins un geste de compréhension.
Mais je ne l'ai pas eu. Il m'a simplement dit que j'avais agi en lâche, en égoïste. Qu'être adulte, ce n'était pas prendre la fuite mais assumer son désir de changement. J'avais abandonné ma femme et mes enfants, les laissant dans l'angoisse de ne pas savoir où j'étais, ce qui avait pu m'arriver. Leur créant une blessure qui ne se refermerait jamais.
Je dois selon lui assumer ma vie, mon mal être. En parler avec ma femme, mes enfants, agir en personne responsable. Et si vraiment, j'ai besoin d'un changement, le dire simplement, prendre de nouvelles dispositions, divorcer éventuellement. Mais être là pour mes enfants.
Il s'est tu mais son regard ne me lâche pas. Il se lève enfin, me demande ce que je compte faire. Tout s'embrouille dans ma tête, j'inspire profondément et je me lève à mon tour pour le suivre. Je retourne à la case départ.
Titre: Retour au point de départ
Genre: One Shot, Inclassable
Personnages: Jack Malone, Autres..
Je restais la, assis sur cette chaise inconfortable de la gare routière, immobile. Je n'osais plus relever les yeux, croiser son regard réprobateur. Je ne le connaissais pas 10 minutes auparavant et maintenant je sentais tout le poids de son jugement.
Jack Malone, agent fédéral en charge des personnes disparues. Avec pour mission de me retrouver. Et il avait réussi et moi j'avais échoué.
J'avais décidé de partir loin, très loin de cette vie que je ne supportais plus, qui m'asphyxiait. J'y avais réfléchit plusieurs jours et c'était de loin la meilleure solution. Tout quitter et repartir de zéro. C'était cela ou mourir et j'étais trop lâche pour quitter la vie.
Alors, j'ai fait comme si je partais travailler et je me suis dirigé vers la gare routière. D'abord un bus puis un autre jusqu'à me retrouver dans cette ville, la où personne ne me connaissait, ne porterait de jugement sur moi.
Mais elle ne m'avait pas plu, le peu que j'avais vu sous cette grisaille me laissait à penser que ma place n'était pas là. Alors, j'ai repris un billet de bus et je l'ai attendu. Il partait à 15 heures et l'agent Malone est arrivé avant.
Lui et son équipe me cherchait depuis presque 35 heures. Depuis que ma femme avait donné l'alerte, inquiète de ne pas me voir rentrer à l'heure. Il ne pouvait pas m'obliger à retourner là bas, il me l'a dit de suite. Il voulait juste me trouver, dire à ma famille que j'étais en vie, que j'étais parti volontairement. Me faire assumer mes actes en quelque sorte.
Il m'a demandé pourquoi j'étais parti, mais j'ai secoué la tête sans répondre. Alors il a haussé les épaules et m'a jeté ce regard méprisant. Ce regard qui me fait sentir plus bas que terre, qui me faisait prendre petit à petit conscience de la portée de mon geste.
Alors, je lui ai dit pourquoi, dans une urgence vitale de me justifier. Lui dire que je ne supportais plus cette vie quotidienne qui m'étouffait. Que ce n'était pas la vie dont j'avais rêvé.
A 25 ans, j'ai rencontré Jane. J'étudiais en droit, je voulais devenir le plus grand avocat de New York, avoir une vie dorée. Et Jane est tombée enceinte. Fini les rêves, nous nous sommes mariés, j'ai abandonné mes études et je suis devenu professeur de droit.
De l'avis de tous, j'ai une vie agréable. Une femme gentille, deux enfants qui grandissent tranquillement, une jolie maison de banlieue et un chien. Mais je n'en peux plus. Cette vie n'est pas la mienne, je ne l'ai jamais voulue, je n'ai fait qu'être aspiré par le tourbillon des évènements sans jamais pouvoir en être maître.
Et ce boulot..... Professeur de droit, cela sonne bien. Mais je ne suis qu'un simple sous-fifre qui essaye désespérément d'inculquer quelques notions à des élèves qui s'en moquent comme de leurs premières tétines. Jour après jour, je dois me rendre dans ce lieu qui me dégoute, au milieu de ces êtres qui me semblent être venus d'ailleurs.
Et ce mal être qui vous envahi petit à petit, cette impossibilité de se projeter dans l'avenir. Ou plutôt cette angoisse de cet avenir la.
Alors, le départ est la meilleure des choses, tout quitter pour enfin pouvoir vivre. Et c'est ce que j'ai fait. Et la encore, j'ai échoué. J'avais fini de parler et j'attendais son approbation ou au moins un geste de compréhension.
Mais je ne l'ai pas eu. Il m'a simplement dit que j'avais agi en lâche, en égoïste. Qu'être adulte, ce n'était pas prendre la fuite mais assumer son désir de changement. J'avais abandonné ma femme et mes enfants, les laissant dans l'angoisse de ne pas savoir où j'étais, ce qui avait pu m'arriver. Leur créant une blessure qui ne se refermerait jamais.
Je dois selon lui assumer ma vie, mon mal être. En parler avec ma femme, mes enfants, agir en personne responsable. Et si vraiment, j'ai besoin d'un changement, le dire simplement, prendre de nouvelles dispositions, divorcer éventuellement. Mais être là pour mes enfants.
Il s'est tu mais son regard ne me lâche pas. Il se lève enfin, me demande ce que je compte faire. Tout s'embrouille dans ma tête, j'inspire profondément et je me lève à mon tour pour le suivre. Je retourne à la case départ.