Auteur: Théana
Titre: Prison
Genre: One Shot, Drama
Personnages: Rafael Alvarez
Le bruit sourd de cette porte lourde se renfermant derrière moi me fait sursauter. Pourtant ce son m'est familier. Combien de fois l'ai-je entendu ? Mais cette fois ci, il a une résonnance particulière.
Je m'assois sur le lit du bas à gauche, le seul qui soit disponible. C'est une cellule prévue pour quatre personnes et nous sommes six. Les autres me regardent, d'un air défiant. Je le connais ce regard, moi-même je l'ai eu, il n'y a pas si longtemps, quand d'autres arrivaient dans ma cellule, sur mon territoire.
Je connais les codes de la prison, j'y ai déjà passé de longues années. Je connais les moindres recoins, les gardiens, les astuces et la hiérarchie. Il va falloir que j'y refasse ma place, que j'y retrouve mon rang. C'est la seule solution pour survivre, je le sais.
La tête me tourne, mes jambes tremblent, je suis en manque. Je m'allonge sur mon lit sachant que les prochaines heures seront terribles à vivre, mais cette souffrance physique ne sera rien à côté de la douleur que je ressens d'avoir à nouveau échoué, d'avoir trahie ma femme, mon fils et mon futur bébé.
Je frotte mes poignets, la où les menottes ont serré trop fort. Je ferme les yeux et je revois le regard de Danny quand la police m'a embarqué. Je l'ai déçu, encore une fois. Je lui ai fait mal aussi et pourtant il est resté avec moi, jusqu'à la porte de la prison. Je l'ai à nouveau trahi et je m'en veux.
Je ne sais pas combien de temps je vais rester ici cette fois mais ce que je sais, c'est que je ne verrais pas mon fils grandir, je ne lui apprendrais pas à conduire, je ne lui donnerais pas les dernières recommandations avant son premier rendez-vous avec une fille. Je ne verrais pas non plus mon enfant naître. Je ne verrais pas ces premiers pas, je n'entendrais pas ces premiers rires. Des larmes envahissent mes yeux, je ne suis qu'un faible, un lâche. Au premier échec, j'ai replongé.
J'ai accusé Danny de n'avoir pas voulu être proche de moi pendant ces mois de liberté, de m'avoir lâché. Foutaises, je n'ai rien fait pour me rapprocher de lui, sachant inconsciemment que j'aurais besoin de trouver un coupable pour mes propres échecs, comme je l'ai toujours fait.
Je lui ai menti, encore une fois. Je lui ai dit que quand il était petit, j'étais toujours entre lui et les poings de notre père, mais ce n'est pas vrai. Souvent, je partais de la maison pour m'aérer de toute cette violence, je le laissais seul avec lui, je me rassurais en me disant qu'il était trop petit pour qu'il lui fasse du mal.
Je n'ai pas voulu voir les traces de coups, ses yeux rougis d'avoir trop pleuré. Je l'ai persuadé que ce n'étais rien, que son grand frère était son protecteur, que rien d'autre n'avait d'importance. Pourtant, un jour il a failli le tuer, Danny en garde encore une cicatrice sur son poignet.
Quand nos parents sont morts, je lui ai promis que je continuerais à le protéger, à m'occuper de lui et la encore je lui ai menti. Je l'ai laissé seul de foyers en familles d'accueil, à affronter seul ce qu'aucun enfant ne devrait avoir à subir. Il a failli basculer de nombreuses fois, il a emprunté plusieurs fois le mauvais chemin et pourtant c'est devenu quelqu'un de bien.
Je sais qu'il s'occupera de ma famille, de mes enfants, qu'il veillera à qu'ils ne manquent de rien, qu'ils grandissent dans les meilleures conditions. Ce que je ne sais pas, c'est s'il me considère toujours comme son frère, si un jour il pourra avoir de nouveau confiance en moi. Il peut être si intransigeant parfois.
Toutes ces questions m'obsèdent et je sens la colère m'envahir. Je m'en veux, je me déteste pour tout ce que j'ai fait ou plutôt tout ce que je n'ai pas fait.
Je lui en veux aussi pour avoir réussi la où j'ai échoué, pour avoir eu cette capacité à s'en sortir alors que ces cartes étaient plus mauvaises que les miennes au départ. Je lui en veux car tout ce qu'il est, met en exergue les aspects les plus sombres de ma personnalité, mon incapacité à tenir mon rôle de mari, de père, de frère.
Je lui en veux pour cela mais je ne peux m'empêcher de l'aimer, c'est mon petit frère.
Un hurlement retentit dans la prison, un détenu vient de se faire agresser devant l'indifférence la plus complète des gardiens. J'inspire profondément, je me lève et affronte les autres du regard. Ici, je serais le maître, c'est une question de survie.
Titre: Prison
Genre: One Shot, Drama
Personnages: Rafael Alvarez
Le bruit sourd de cette porte lourde se renfermant derrière moi me fait sursauter. Pourtant ce son m'est familier. Combien de fois l'ai-je entendu ? Mais cette fois ci, il a une résonnance particulière.
Je m'assois sur le lit du bas à gauche, le seul qui soit disponible. C'est une cellule prévue pour quatre personnes et nous sommes six. Les autres me regardent, d'un air défiant. Je le connais ce regard, moi-même je l'ai eu, il n'y a pas si longtemps, quand d'autres arrivaient dans ma cellule, sur mon territoire.
Je connais les codes de la prison, j'y ai déjà passé de longues années. Je connais les moindres recoins, les gardiens, les astuces et la hiérarchie. Il va falloir que j'y refasse ma place, que j'y retrouve mon rang. C'est la seule solution pour survivre, je le sais.
La tête me tourne, mes jambes tremblent, je suis en manque. Je m'allonge sur mon lit sachant que les prochaines heures seront terribles à vivre, mais cette souffrance physique ne sera rien à côté de la douleur que je ressens d'avoir à nouveau échoué, d'avoir trahie ma femme, mon fils et mon futur bébé.
Je frotte mes poignets, la où les menottes ont serré trop fort. Je ferme les yeux et je revois le regard de Danny quand la police m'a embarqué. Je l'ai déçu, encore une fois. Je lui ai fait mal aussi et pourtant il est resté avec moi, jusqu'à la porte de la prison. Je l'ai à nouveau trahi et je m'en veux.
Je ne sais pas combien de temps je vais rester ici cette fois mais ce que je sais, c'est que je ne verrais pas mon fils grandir, je ne lui apprendrais pas à conduire, je ne lui donnerais pas les dernières recommandations avant son premier rendez-vous avec une fille. Je ne verrais pas non plus mon enfant naître. Je ne verrais pas ces premiers pas, je n'entendrais pas ces premiers rires. Des larmes envahissent mes yeux, je ne suis qu'un faible, un lâche. Au premier échec, j'ai replongé.
J'ai accusé Danny de n'avoir pas voulu être proche de moi pendant ces mois de liberté, de m'avoir lâché. Foutaises, je n'ai rien fait pour me rapprocher de lui, sachant inconsciemment que j'aurais besoin de trouver un coupable pour mes propres échecs, comme je l'ai toujours fait.
Je lui ai menti, encore une fois. Je lui ai dit que quand il était petit, j'étais toujours entre lui et les poings de notre père, mais ce n'est pas vrai. Souvent, je partais de la maison pour m'aérer de toute cette violence, je le laissais seul avec lui, je me rassurais en me disant qu'il était trop petit pour qu'il lui fasse du mal.
Je n'ai pas voulu voir les traces de coups, ses yeux rougis d'avoir trop pleuré. Je l'ai persuadé que ce n'étais rien, que son grand frère était son protecteur, que rien d'autre n'avait d'importance. Pourtant, un jour il a failli le tuer, Danny en garde encore une cicatrice sur son poignet.
Quand nos parents sont morts, je lui ai promis que je continuerais à le protéger, à m'occuper de lui et la encore je lui ai menti. Je l'ai laissé seul de foyers en familles d'accueil, à affronter seul ce qu'aucun enfant ne devrait avoir à subir. Il a failli basculer de nombreuses fois, il a emprunté plusieurs fois le mauvais chemin et pourtant c'est devenu quelqu'un de bien.
Je sais qu'il s'occupera de ma famille, de mes enfants, qu'il veillera à qu'ils ne manquent de rien, qu'ils grandissent dans les meilleures conditions. Ce que je ne sais pas, c'est s'il me considère toujours comme son frère, si un jour il pourra avoir de nouveau confiance en moi. Il peut être si intransigeant parfois.
Toutes ces questions m'obsèdent et je sens la colère m'envahir. Je m'en veux, je me déteste pour tout ce que j'ai fait ou plutôt tout ce que je n'ai pas fait.
Je lui en veux aussi pour avoir réussi la où j'ai échoué, pour avoir eu cette capacité à s'en sortir alors que ces cartes étaient plus mauvaises que les miennes au départ. Je lui en veux car tout ce qu'il est, met en exergue les aspects les plus sombres de ma personnalité, mon incapacité à tenir mon rôle de mari, de père, de frère.
Je lui en veux pour cela mais je ne peux m'empêcher de l'aimer, c'est mon petit frère.
Un hurlement retentit dans la prison, un détenu vient de se faire agresser devant l'indifférence la plus complète des gardiens. J'inspire profondément, je me lève et affronte les autres du regard. Ici, je serais le maître, c'est une question de survie.